Rémunération du streaming

Les chiffres qui circulent sur le prix d'une écoute donnent une fausse idée du mécanisme. Les plateformes ne paient pas à l'écoute : elles répartissent une part de leurs recettes, et ce mode de calcul explique l'essentiel des écarts constatés.

Le partage au prorata

La plateforme prélève sa part, puis répartit le reste entre les ayants droit proportionnellement au nombre d'écoutes de chaque titre sur l'ensemble du service. Un abonné qui n'écoute qu'un seul artiste ne finance donc pas cet artiste avec son abonnement : sa contribution se dilue dans la masse. Des modèles dits centrés sur l'utilisateur, qui répartiraient l'abonnement selon les écoutes de chacun, sont discutés depuis des années et restent marginaux.

Qui touche quoi

La somme versée par la plateforme se partage entre les droits voisins, qui vont au producteur de l'enregistrement et aux interprètes, et les droits d'auteur, qui vont à l'auteur, au compositeur et à l'éditeur via les sociétés de gestion collective. La part du producteur est la plus importante, ce qui explique que les artistes autoproduits ou signés en contrat de licence touchent proportionnellement davantage que ceux liés par un contrat d'artiste classique.

Seuils

Plusieurs plateformes ont instauré un nombre minimal d'écoutes annuelles en dessous duquel un titre ne génère aucune redevance, la somme étant redistribuée aux autres. La mesure, présentée comme une lutte contre la fraude et le bruit, pénalise mécaniquement les catalogues à très faible audience.